Choix du pays

Bolivie
Du 19 août au 30 août

Argentine
Du 31 août au 9 sept.

Brésil
Du 10 sept. au 21 sept.

Iles de pâques
Du 22 sept. au 28 sept.

Nouvelle zélande
Du 29 sept. au 05 déc.

Australie
Du 05 déc. au 11 déc.

Les philippines
Du 12 déc. au 05 jan.

Test country

Cambodge
Du 05 jan. au 22 jan.

Test country

Vietnam
Prochainement

Test country

Birmanie
Prochainement

Viva Las Vegas!

États-unis24 juillet 2016

En route pour toucher le nerf central de la démesure, de l'excès, et du superficiel. Et pris-moi de te dire que tu es remonté à bloc quand tu arrives à Vegas en mustang décapotable avec du White Rabbit à fond :metal:

Que les choses soient claires, nous ne sommes pas là, pour enfiler des perles. Car avant de partir on m'a remis 50 précieux dollars et c’est ici que tout va se jouer. 
Pour maximiser nos chances, il serait sans doute préférable de faire une étude statistique des salles de jeux avant de se lancer. 
Mais par peur de rater le meilleur du divertissement caniculaire, nous allons y aller au feeling et faire attention aux signes afin de trouver LE casino idéal.

Celui qui m'apportera chance, et donc indéniablement richesse. 

Dans une ville qui pourrait t'avaler tout entier — ton âme et ton compte bancaire — mieux vaut avoir le plus de cartes en main, tellement le vice et la tentation sont omniprésents. 

Faisons un tour d'horizon des casinos à proximité : 

New York New York ? 

On les paie déjà assez pour deux nuits. Autant ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier. 

Paris ? 

Hummm pourquoi pas, un peu comme à la maison, y trouver facilement mes repères et me sentir à l'aise. Mais non, mais non, ressaisis-toi. C'est ce qu'il essaye de te faire croire. Tu n'es pas une proie facile. Ne te laisse pas appâter par le chant des sirènes. Tout n'est que tromperie et usurpation.

Bellagio ?

Oublions le Bellagio, depuis “Ocean Eleven” ils ont certainement durci les chances de gagner, profitons toutefois du spectacle que nous offre leur fontaine avant d'aller sonder le César palace. 

César palace ? 

Pas spécialement d'atome crochu avec l'Italie que je n’ai d’ailleurs jamais visité.

Chipotle ?

Mais ouai !! Il y a comme une petite dalle qui s'installe, on reprendra les recherches plus tard. 

Burrito calé, on entamera la digestion pendant notre balade nocturne sous 46 ° C. La ville est un four, et la chaleur nous brûle tellement les yeux que nous avons du mal à les laisser ouverts à l'extérieur. 

Trouver refuge dans les casinos ultras climatisés n’est pas une si mauvaise idée, mais attention, car tout est bon pour vous faire rester dans les gorges du diable. Moquette plus épaisse et plus moelleuse pour vous ralentir, spectacles et curiosités multiples, le tout avec les vannes d’oxygène ouvertes à grand débit pour minimiser les effets de la fatigue et vous rapprocher de l’euphorie.

Pour un remontant gratuit, il suffit d'une pause, sur le fauteuil d’une machine à sous, pour faire croire aux serveurs que vous êtes un joueur invétéré et qu’il est conseillé qu’on s’occupe de vous.

Capteur en alerte, on me signale qu’il y a un truc louche. 

Évidemment, suis-je bête, ils ne sont pas là pour notre petit confort, à nous proposer des breuvages alcoolisés sans rien demander en retour (à part un tips).

Ils veulent nous saouler — Las Vegas aime les ivrognes –
Proies faciles !

Gardons les idées claires et fuyons chercher LE casino.

Las Vegas est à lui seul un tour du monde, plusieurs pays y sont représentés, de la tour Eiffel aux gondoles de Venise, en passant par les sphinx égyptiens…

Un Sphinx égyptien ?

Mais oui !!

C’est forcément là qu’il faut aller. Ces 50 $ sont un reste d’argent de poche d’un vieux voyage égyptien.

Une fois sur les lieux, on sonde les différentes salles de jeux pour trouver notre place comme un chien qui se tourne autour pour s’installer dans son tapis, et après quelques bonnes minutes d’hésitation on se lance.

Ce sera Black « Jacques » !

À la table, nous ne sommes que trois joueurs, ma partenaire et une chinoise plutôt sérieuse venue certainement dépenser les sous de son mari pour financer son divorce.

La tension est palpable, regard sérieux, entre nous et le croupier.

Le premier tour sera une démonstration de savoir-faire. Le croupier nous envoie un direct du droit, et bim 24 dans nos dents. Désorienté, il profite du 2e tour pour nous asséner la même chose. 
Arrivé sur le ring à froid ce n’est pas vraiment évident. Le 3e tour ne fut pas forcément des plus gratifiants en finissant sur une égalité, mais au moins notre pactole ne diminuera pas. 
Les tours suivants, le croupier me pousse dans les cordes et me dévalise. Ce n’est pas possible, j’ai pourtant tout fait pour trouver le bon lieu, et je vois mes jetons partir les uns après les autres.

DING DING

Sauvé par le gong.

Changement de croupier. Ah ouiiiii ! Je vois le genre, deux contre un. Ok c’est le moment de profiter de cette ouverture pour me positionner et le prendre par surprise. Changement de pied d’appui, jab jab et crochet du gauche. Et c’est Blackjack sur Blackjack, notre partenaire chinoise arrête même de jouer pour observer et applaudir en nous donnant des conseils. Nous avons désormais un coach et les cris de la foule nous poussent vers le sommet.

C’est parti, c’est le moment de gloire.

Bon Dieu, mais où se trouve ce serveur aux consos gratuites ? C’est bien maintenant qu’il me faudrait de quoi me calmer.

Le croupier transpire à grosses gouttes, ses yeux hurlent à la peur, il doit certainement se dire qu’il sera responsable de la faillite de son casino.
Le serveur arrive au niveau des tables, il ne faut pas le laisser filer.

Activation du mode strabisme, la machine est en place.
Un œil sur le croupier dégoulinant, l’autre sur le serveur à deux tables.
Il est à proximité, je me lance pour l’appeler.  

Please? Mister Pleas…

Que se passe t'il ? Je n’entends plus rien, et j’ai comme un voile blanc sur les yeux.

– Où suis-je ?

J’entends des gens autour de moi parler, mais je ne peux percevoir aucun son clair, comme planté au milieu d’un réfectoire. Parmi ce brouhaha, une voix se distingue des autres et me dit : « Allons-y, suis-moi ».

– Déjà ? Je ne vois pourtant pas cette lumière blanche dont tout le monde parle.

Ok je te suis, mais laisse moi juste récupérer mes affaires. Quel que soit l’endroit où souhaite m’amener cette voix, ce ne sera pas sans mon butin.
Lorsque mes yeux se posèrent sur mes jetons, je compris rapidement l’opportunité qu’avait saisie le croupier pendant mon moment d’inattention avec le serveur.

C’est à ce moment précis que j'ai constaté les dégâts, lorsque je me vis, là, gisant sur le sol, conscient de ce qu’il venait de se passer, mais impuissant.

Ne perds pas la face, relève-toi, pars en souriant et dis-toi qu’il avait plus à perdre que toi.

Le pire, dans cette histoire, c’est ce satané serveur, qui est arrivé au niveau de notre table au moment de mon KO,  et qui a dû se dire : « celui-là est à sec, je vais offrir mes services à d’autres ».

De toute façon, la mère roulette m’attend pour une dernière liasse. Une dernière ! Oui, ici il vaut mieux se fixer une limite avant, car ce sentiment de défaite n’est pas compatible avec notre fierté personnelle. Et il serait trop facile de dépenser davantage, jusqu’à satisfaction (moment qui n'arrive malheureusement jamais). Après tout, on doit bien pouvoir trouver un pays à supprimer de notre tour du monde, pour une recave sur la table. La Nouvelle-Zélande ? C’est surfait, on peut sûrement s’en passer.

Ai-je pensé à haute voix ? Je ne sais pas, en tout cas les yeux de Fanny me font vite comprendre qu’il n’y aura pas un centime de plus — je redescends sur terre et vise les numéros clés.

Rends-nous Richeeeeee.

lasvegas3lasvegas3

Arrghhh…

« Ce n’est pas grave, apprends à aimer perdre »
Raoul Duke.

Dépouillés par la cruauté du hasard, nous errerons dans cette oasis, jusqu’à aller s’échouer, dans le cimetière des vieilles enseignes à la retraite.

Belle reconversion, pour le bonheur des rétros touristes.

Viva Las Vegas… 

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