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58 Minutes pour vivre
Chapitre 2/3

Bolivie27 Août 2016

Pour éviter tout faux départ, nous vous conseillons de prendre le temps de lire les articles suivants pour comprendre celui-ci.

Les barrages sont derrière nous, et l’agence pour l’excursion nous a confirmée que là où nous allons, nous n’avons pas besoin de route. DONC ! En voiture Simone à 7 h du mat. Salar, nous voilà !! 

Pour faire suite au drame survenu la veille, entre les mineurs et le gouvernement Voir article précédent. Les forces de l’ordre boliviennes interviendront pour mettre un terme à ce blocus après quelques affrontements musclés. 

De notre côté, nous sommes bien arrivés à Tupiza, et après deux bonnes nuits de repos et une journée détente, nous repartirons enfin pour une nouvelle aventure. L’avantage de partir de Tupiza et non d’Uyuni c’est qu’il doit y avoir 30 fois moins de 4x4 au départ de l’excursion. Nous sommes moins de 5 voitures, c’est pour vous dire, et vu l’immensité de l’endroit dans lequel nous allons. Nous ne risquerons pas d’avoir foule devant nos objectifs. 

Mais le vrai point positif de le faire dans ce sens-là, ce n’est pas tant le fait d’avoir un jour de plus, mais c’est surtout de conserver le Salar pour le dernier jour.  

Le meilleur pour la fin, la cerise sur le gâteau, l’apothéose, le bouquet final, le clou du spectacle. Bref, je crois que vous avez saisi.

Alors en route ma poule.

À bord de notre véhicule tout terrain de type 4 roues motrices à suspensions hydrauliques et vitres électriques manuelles. Nous serons donc accompagnés de Nico et Arminda, respectivement notre chauffeur et notre cuisinière, ainsi que de deux Suisses, d’après ce que nous a dit l’agence. Charly et Delphine. En réalité, ils nous viennent de Toulouse. Mais je pense que pour les Boliviens ça doit être pareil. 

Après un tour de chauffe, Nico mettra les gaz, ce qui lancera les premières discussions, et nous n’arrêterons de parler qu’au moment de manger et de dormir. 

Je ne sais toujours pas comment faisait Arminda pour réussir à trouver le sommeil alors qu’il y avait un vrai poulailler à l’arrière du 4x4. En tout cas, elle n’est pas très rancunière, car elle nous aura gâtés et gavés comme des oies avec sa cuisine.

Que tu sois pirate sur un bateau ou tout simplement touriste dans un 4x4, l’astuce est la même. 

Toujours complimenter le cuistot de façon excessive !

Ça te permet de passer du pain de mie à des pancakes faits maison pour le petit dej. 

Nico devra d’ailleurs par moment nous pousser dehors, pour que nous prenions l’air ou peut-être pour avoir deux minutes de calme, car plongés dans nos discussions nous en avons oublié la raison de notre présence. 

Reprenons nos esprits, et allons prendre quelques claques par mère Nature. 

– Mais de quelle claque, parles-tu ? Je crois que c’est plus un uppercut que je viens de me prendre par le vent. 
– Toi au moins tu as de la chance, de mon côté c’est le froid qui vient de m’en coller une !

Ah oui ! J’ai omis de préciser un détail. 
Nous sommes en avis de tempête ! 

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Sortir du véhicule devient parfois une punition. Une fois à l’extérieur, nous n’avons que très peu de temps pour admirer et photographier avant de perdre tout contact avec nos doigts, orteils et oreilles. Et c’est souvent la goutte au nez, que nous reprendrons nos discussions une fois au chaud dans le véhicule. 
Mais Nico Rosberg sait exactement ce qu’il nous faut, et c’est à toute berzingue, sur les chapeaux de roues qu’il nous amènera aux Aguas Calientes. Les bains thermaux chauffés naturellement par un processus géothermique. (Nous reviendrons sur l’explication de ce processus un peu plus tard dans un second blog, où nous ne parlerons que de roche, de cailloux et d’énergie naturelle.) 

Pour le moment, concentrons-nous déjà sur cette problématique que nous avons en face de nous. 

S’imaginer sortir du vestiaire et aller jusqu’au bassin en extérieur par un temps comme ça, en étant en maillot de bain. 

Rien que l’idée de nous changer nous fera rebrousser chemin peu à peu, mais ça, c’était avant que Delphine nous prenne par la peau du cou pour nous y jeter. 

Et quel soulagement ! C’est le corps tout en entier qui se réveille et qui se détend. Et toutes les personnes qui y pénètrent ont la même attitude de jouissance intense. C’est d’ailleurs assez drôle à voir ; C’est comme de rentrer dans un bain bien chaud après une bonne journée d’hiver. 

Nous resterons là, à attendre que notre peau commence à se friper pour ressortir. Car s’imaginer sortir du bassin en extérieur et aller jusqu’au vestiaire par un temps comme ça, en étant en maillot de bain et mouillé, nous fera renoncer, mais nous ne pouvons en abuser au risque d’en avoir une « tourniole » avec la chaleur. 

Nos corps se sont tellement détendus que nous aurons l’impression de marcher sur du coton toute la journée.

Vraiment pas de chance ce temps, les paysages sont magnifiques, mais il est clairement impossible de s’asseoir, de contempler et de s’oublier avec un vent aussi glacial que ce que nous avons. 

Même le geyser a une petite mine. Lui qui au meilleur de sa forme domine par sa verticalité, se retrouvera couché à l’horizontale le genou à terre.

Ici, c’est le vent qui fait la loi. 

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Le soir venu, c’est l’occasion de s‘abriter et de se réchauffer avec un café et quelques biscuits. Arminda n’est jamais bien loin. La camomille coule à flots pour le bonheur des filles du groupe. Cela sera également l’occasion de retrouver les autres 4x4 partis le même jour que nous et de continuer nos discussions avec Hélène et Axel que nous avons pris également pour nos Suisses à un moment donné, mais rien n’y fait ça restera Français, même dans le partage avec notre victoire écrasante lors d’une battle — Chants Bolivien VS Chant Français.

– Salut, vous êtes Suisse ? 
– Non nous sommes blazés ! 
– Connais pas c’est où ? répondis-je avec étonnement. 
– À l’opposé de la joie, pile-poil entre la déprime et le valium. 
– Ah ok je vois, vous êtes Allemands ? 

(Nous n’avons rien contre les Allemands en général, mais ils resteront le mystère du pourquoi tu n’es pas heureux dans un endroit pareil).

Je plains le couple qui partagera leur 4x4 pendant ces quatre jours, et les nominés sont : 
Margot et Thibault qui finiront vite à notre table pour éviter de se tirer une balle. 

Je vous vois venir. 
La réponse est non. 
Ils ne sont toujours pas Suisses !

Maintenant que vous connaissez tout le monde, c’est à huit que nous allons passer ces 4 jours. 

Là, où le vent règne en maître la journée, c’est le froid quant à lui qui est le chef des lieux, dès le soleil couché. On rejoindra rapidement nos 2 colocs Charly et Delphine dans notre chambre de 4 pour passer nos nuits, emmaillotés dans nos duvets saupoudrés d’une triple couette. 
Désormais, nous savons le temps qu’il fait dehors. Les prochains jours, nous mettrons l’intégralité de notre valise sur nous. 

T-shirt + T-Shirt manche longue + Micro polaire + Polaire + Pull Bolivien acheté pour l’occasion + Manteau coupe-vent + 2 pantalons + bonnet péruvien + écharpe. 

On sera boudiné sur les photos, mais au moins nous aurons moins froid.
Il nous manque cependant l’essentiel. 

DES GANTS !

Les paysages sont incroyables. À chaque virage le décor est changeant et évolue en permanence. Passant d’une montagne colorée à un paysage volcanique pour s’ouvrir face à d’immenses pleines peuplées de Vigognes.

Mais le mieux c’est encore de vous laisser le constater !

Sud Lipez

Région du sud-ouest de la Bolivie que nous avons traversé pendant 3 jours avant d'arriver au salar d'Uyuni. Sa population s'élevait à 4900 en 2001. C'est pour vous dire, qu'à part des lagunes, des déserts et des volcans, on n'y a pas croisé grand monde.

Le coup de la panne

Prêt à tout pour attirer l’attention sur lui. Nico nous fera le coup de la panne deux fois.
Cependant chapeau bas aux chauffeurs des 4x4 qui travaillent mains nues par un temps pareil.

Laguna Negra

Il ne fallait pas chercher bien loin pour le baptiser de la sorte.

Le cimetière de trains

Une vingtaine de locomotives à vapeur laissées à l'abandon près de la ville d'Uyuni.

Laguna Verde

Lac salé au pied du magnifique volcan Licancabùr

Le Cobra

Rivière en serpentin entourée de failles monumentales qui porte bien son nom !

Les rochers

Les boliviens savent nous faire rêver avec de nombreux rochers croisés sur la route ! Laissez aller votre imagination et à vous de deviner la forme!

Laguna Colorada

Lac situé près de la frontière chilienne allant des nuances de marrons aux rouges vifs. Idéal pour observer les flamands roses. Quand ce n'est pas la tempête !

Désert de Dali

Ce magnifique désert évoque les paysages du peintre Salvador Dalí d'où son appellation. Il est pour nous l'un des plus beaux endroits que nous avons vu dans le sud lipez.

C’est dans un épais brouillard que nous arriverons aux portes du Salar d’Uyuni, pour passer notre dernière nuit dans un hôtel de sel. Malheureusement, le Time’s Up, aux règles maison de Thibault et Margaut et les bouteilles de vin rouge ramenées par Arminda (qui n’est jamais bien loin pour prendre soin de nous) nous auront complètement fait oublier de prendre des photos. Nous faisons de piètres reporters. Et nous nous en excusons par avance. 

Tout le monde est réuni à table pour la Ultima Noche. Notre dernière soirée, nos derniers instants tous ensemble, pour faire le point sur ce que nous avons vécu et ce que nous allons encore vivre. Alors ça se fête ! Surtout quand il est prévu de se lever à 4 h du matin pour aller voir le lever du soleil. 

Car comme je vous le disais plus haut. 

Demain, c’est l’apothéose ! 

Enfin, ça devrait l’être, vu le nombre de gris-gris et porte-bonheur que je vois accroché autour du cou de chacun d’entre nous. Pour information, nous avons appris que les gens qui y sont allés le matin même n’ont vu qu’un voile blanc de brume. Et de notre côté, nous venons de rater le coucher de soleil pour la même raison. 

La poisse ! 

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Après avoir traversé l’enfer, puis le vent et enfin le froid, sommes-nous obligés de finir par du brouillard ? Ne l’avons-nous pas mérité ? 

Enfer et damnation. 

Tous à vos cierges c’est le moment d’avoir la foi.

À suivre…

Si vous avez suivi.
Comment s’appellera le prochain chapitre ?

Vos commentaires !

DelphineLe 16 novembre à 9 h

Aaaah l’article est genial !! ca rappelle tellement de bons souvenirs… Et Jérem la photo du 4×4 qui traverse la « rivière » est parfaite – je parle pas de toutes les autres évidemment…
Cependant, je tiens à rectifier que la camomille ne faisait pas seulement le bonheur des filles…. Hein Charly ? Aha !
Continuez à nous faire rever et à profiter, à très vite !!

ElianeLe 16 novembre à 10 h

la suite…………..Salar d’Uyuni
« Perdu dans la brume »

IsabelleLe 19 novembre à 17 h

oui, c’est bien ça, continuez à nous faire rêver… Je suis suis sans voix devant tant de merveilles… Que de richesses personnelles vous êtes en train d’emmagasiner. En deux mots, le pied !
Zek

ZekLe 22 novembre à 11 h

Oui en effet, le fait de faire cet article maintenant nous a rappelé tellement de bons souvenirs.
Portez-vous bien les amis, on se voit bientôt à Paris, à Toulouse, à Lille ou même en Suisse.
Et merci pour tes photos, j’ai du me retenir de toutes les mettre car elles sont splendides aussi 😉
Bisous de nous deux !