Piège de cristal
Chapitre 3/3
Bolivie30 août 2016
Pour éviter tout faux départ, nous vous conseillons de prendre le temps de lire les articles suivants pour comprendre celui-ci.
Après avoir chopé des cloques au bout des doigts à force d’avoir prié toute la nuit pour un meilleur temps. C’est enfin l’heure de se mettre en route et d’aller vérifier par nous même si le tout puissant a entendu notre appel…
Il est 4 h du matin et la température n’est pas loin d’être passée dans le négatif. Nous le savons, car Nico perchait sur le toit du 4x4 a quelques stalactites autour de la narine à force de nous attendre. Il faudra environ 10 secondes pour que les 60 orteils présents dans la voiture deviennent des Knacki congelés. Mais le problème est ailleurs.
Quel temps fait-il ?
Difficile de répondre à cette question. Il fait encore nuit, nous apercevrons quelques étoiles, mais rien de vraiment certain pour commencer à s’extasier.
En voiture, c’est parti mon Kiki ❤️
❤️, nous avons encore 40 minutes de route pour atteindre Incahuasi – l’ile au Cactus. La nature fait bien les choses. En plein milieu du Salar. Se trouve un petit îlot sur lequel des cactus gigantesques, ont posé bagages.
Et c’est là que nous allons !
Par la fenêtre, on voit déjà le jour se lever dans une couleur que je n’avais encore jamais vue. La base de l’horizon est aux couleurs jaunes et plus ça monte, plus le dégradé part dans des bleus clairs avant d’aller se perdre dans un bleu marine bien sombre. Pour couronner le tout, la lune est posée juste au-dessus de ce tableau.
Je n’ai pas d’autre solution que de patienter. Je ne peux pas stopper le véhicule maintenant pour immortaliser ça et nous sommes encore trop loin du point d’arrivée. Alors nous resterons tous accrochés aux vitres devant ce préliminaire.
C’est long, bien trop long.
Nous sommes véritablement en retard.
Il fait déjà jour.
Ce n’est pas possible.
N’y a-t-il pas un kit NOS dans cette voiture ?
Là où nous allons, il n’y a pas de code de la route. Vas-y Nico, tu as notre accord pour prendre des risques et y aller pied au plancher. Mais je t’en pris, ne nous fais pas le coup de la crevaison cette fois.
Gyrophares allumés, nous arriverons en glissade à 360 ° suite à un frein à main bien trop sec. La cavalerie sortira suréquipée pour arpenter cette butte de cactus.
DÉGAGEZ ! Laissez nous passer !
2 minutes plus tard, nous réaliserons que nous sommes toujours en altitude. Et que nous n’allons pas tarder à y rester si nous continuons de monter à cette allure.
La respiration et le cœur s’emballent, et je n’ai pas d’autre choix que de laisser rentrer plus d’air dans mes poumons au risque de me les brûler tellement l’air est glacial. Je prends littéralement feu de l’intérieur, c’est horrible, j’ai une tourniole.
Laissez-moi là, je vais vous ralentir.
Dites à ma famille et à mes proches que je les aime.
Ressaisis-toi, si tu dois crever, ce sera une fois en haut de cette butte.
Allez, respire calmement et remets-toi en route.
Bon, presse un peu le pas quand même, car à ce rythme-là tu es parti pour voir le coucher du soleil.
Une fois au sommet nous y retrouverons toute la troupe, déjà en place. Juste le temps de me débarrasser de mon appareil photo en le mettant en mode timelapse, je me dis qu’il peut bien s’en sortir sans moi pour une fois. Cela me laissera les mains libres pour me concentrer sur ce qui a vraiment de l’importance.
Le lever du soleil !
Nous sommes tous là, Hélène, Axel, Margot, Thibault, Delphine, Charly, quelques touristes inconnus, sûrement des Suisses et vos 2 reporters congelés, en train de contempler ce que nous avons en face de nous, et cette boule de feu qui pointera de plus en plus le bout de son nez, révélera peu à peu l’immensité qui nous entoure. Il n’y a plus un bruit, plus un son, à part peut-être des « Wahouu » et toute sorte de sons qui confirment bien ce que nous sommes en train de vivre. L’émotion est à son comble. Il n’y a pas un nuage, pas une once de vent, et la beauté de ce moment nous fera vite oublier le froid et la sensation étrange de ne plus avoir d’orteils.
Hisser sur notre perchoir de cactus. Chacun d’entre nous est en train de vivre quelque chose d’indescriptiblement fort, le sourire et la joie sont présents sur tous les visages.
Nous n’avons pas ce que nous sommes venus chercher, non !
Nous avons bien plus que ce que nous avions souhaité et nous étions loin de ce que nous avions imaginé, tellement loin !
Si la réincarnation en arbre n’est réservée qu’aux âmes néfastes et sombres pour leur faire subir toute une vie, les intempéries, le vent, le froid, le gèle et tout autre dégât. Je me demande bien quel acte il faut commettre dans sa vie pour espérer une réincarnation en cactus sur cette île.
Malheureusement pour nous, ce moment n’arrivera sûrement qu’une fois dans notre vie, nous avalerons donc chacune de ces précieuses secondes pour n’en perdre aucune goutte.
Et autant vous dire qu'il est impossible d’en être rassasié.
Nous finirons par exploser de joie par des accolades des poignées de main, en partageant tous ensemble cet instant par une série de photos souvenirs, afin tout de même d’essayer d’immortaliser un fragment de la grandeur de cette vue et de cette émotion.


Mama Arminda, sait qu’une claque pareille ça creuse. Elle aura profité de notre absence pour dresser la table de notre copieux dernier petit déjeuner dans le Salar et attendra avec amour notre arrivée en bas des pistes pour sortir son gâteau fait maison que nous avons tant réclamé comme des gosses. Désormais, c’est en roulant que nous nous déplacerons !
Trêve de plaisanterie, c’est le moment d’aller fouler le sol du Salar, et papa Nico sait exactement où nous déposer après quelques minutes de voiture pour nous écarter des autres, et être isolés dans ce royaume blanc.
Tout est vaste, et immense, tellement immense que nous en avons presque peur de nous éloigner de la voiture au risque d’atteindre le point de non-retour, de perdre nos repères et ne plus savoir revenir.
Le sel crisse sous nos pas, et peu à peu nous sentons monter en nous ce sentiment de liberté qu’offre l’infini. Jouons avec la profondeur de champ, courons sans choisir de direction, observons cet abîme blanc, et prenons une des plus grosses claques de notre vie dans ce désert à l’ambiance post-apocalyptique.


C’est déjà l’heure de quitter les nôtres, certains continueront leurs routes, du côté du Pérou d’autres iront plus au nord de la Bolivie. Mais nos souvenirs eux resteront sur ce Salar.
Merci pour ces 4 jours !
De retour dans le monde réel à Tupiza, nous sommes là sur le trottoir à 19h, comme si ce que nous avions vécu n’avez jamais eu lieu.
Des Argentins, aux mineurs, en passant par toutes ces belles rencontres faites dans le sud Lipez jusqu’aux abonnés absents portés disparus.
Les Suisses !
Bolivie is finish !


Yippee Ki Yay
Mother Fucker










































ÉlianeLe 22 novembre à 12 h
de ressentir votre bonheur pendant ces supers jours de découverte de la Bolivie Bisousssssssss
fannyLe 22 novembre à 13 h
annick et philippeLe 22 novembre à 15 h
que d’émotions partagées en Bolivie , on aurait bien aimer faire partie de ce joyeux groupe !
bisous
IsabelleLe 22 novembre à 17 h
Deux génies se révèlent à l’autre bout de la planète.
Vous êtes vraiment très beaux.
Merci pour ces partages d’images absolument sublissimes, (je vous parle de ma vie parisienne ??)
Gros bisous et à très bientôt pour entendre de vive voix l’histoire d’une aventure avérée. Je vous aime
BrigitteLe 22 novembre à 18 h
ThibaultLe 22 novembre à 20 h
Thibault&Margot
et danke schon bien sur!!
FunLe 23 novembre à 6 h
Oui, on espère aussi tous vous revoir à notre retour ! On a une revanche à prendre au Times up ! bisous a vous 2
EricLe 23 novembre à 12 h
Encore et encore!
La bise
Eric